jeudi 29 septembre 2011

Communiqué du 29 Septembre 2011

Jeudi 29 septembre se tenait à Saint-Malo une foire aux chômeurs appelée "job dating".

Au programme : la chance pour 2000 demandeurs d'emploi de se vendre à un employeur en dix minutes. En réalité, on ne saura jamais combien de chômeurs se sont fait concurrence pour des offres d'emploi, dont plusieurs CDD d'un jour!
De nombreuses personnes ont été refoulées dès l'entrée, qu'elles aient été ou non convoquées. Une tentative de prise de parole par des chômeurs pour exprimer leur colère a donné suite à une intervention musclée des vigiles qui les ont ensuite expulsés avant qu'ils subissent un contrôle d'identité par les forces de police.

Nous refusons cette mascarade et empêcherons la tenue de ces foires aux chômeurs. Si des chômeurs subissent des radiations liées à cet évènement, nous les contesterons comme nous contestons toutes les radiations qui sont portées à notre connaissance.

La gestion de ce "job dating" est à l'image de la gestion du chômage de manière générale par le pôle emploi : une mascarade humiliante pour les demandeurs d'emploi accompagnée d'un dispositif répressif. On peut d'ailleurs se demander combien de chômeurs a-t-il fallu radier pour financer ce "job dating" de Saint Malo ?

Le Mouvement des Chômeurs et Précaires en Lutte de Rennes (MCPL)
Contact : mcpl2008@gmail.com

Le Collectif brestois en marche contre l'injustice sociale
Contact : reseaudesluttes.brest@gmail.com


NON A la Supercherie du job dating !

ni esclaves ni mendiants, Recalons les patrons !





Ce 29 septembre 2011, nous sommes conviés -en fait sommés sous peine de radiation- à communier avec le patronat local, les bureaucrates de pôle emploi et le gouvernement Sarkozy... à seule fin de sauver les apparences.

Ils voudraient que nous nous arrachions quelques offres d'emploi -aux conditions dégradées- qui traînent sur internet depuis des semaines. Pour cela, ils voudraient que nous défilions sagement, 10min devant chaque patron exploiteur, que nous jouions leur jeu truqué, que nous fassions mine de croire à l'existence d'une relation égalitaire entre eux et nous. Ils voudraient nous diviser, nous individualiser, susciter de la concurrence entre chacun d'entre nous, nous voir nous contorsionner pour quelques heures de travail sous-payées.

Le job dating est cette opération de communication qui a pour objectif de laisser croire que le pouvoir fait tout pour lutter contre le chômage, que le salariat repose sur une relation égalitaire et non une relation de subordination ou que la question du chômage serait affaire d'inadaptation des chômeurs au marché du travail et non de politique du capitalisme.

Comme le dit notre patronne Nadine Crinier, directrice de pôle emploi Bretagne, il faut « valoriser les offres », « valoriser les compétences » et... contraindre « les bretons attachés à leur terre »[1] à se rendre « mobile » aux emplois qu'on leur propose. Il s'agit de présenter sous un jour aussi factice qu'avantageux des offres d'emplois sous-payés aux conditions de travail indignes, à des horaires décalées, etc. bref de nous culpabiliser de ne pas accepter n'importe quoi, n'importe où et n'importe comment.

Cette bouffonnerie illustre parfaitement la gestion actuelle du chômage en France. Ainsi, 2000 chômeurs sont conviés à ce plan com' au Palais du Grand Large. Seuls 200 d'entre eux auront « la chance » d'obtenir un emploi... Et quel emploi ?

Cette « rencontre » ne changera rien, au faible nombre d'emplois proposés, à la nature dégradantes des conditions de travail, des salaires, ou aux tracasseries imposées pour obtenir de maigres allocations alors que d'autres s'affranchissent de l'impôt ou transportent des valises pleines de billets pour financer leurs basses œuvres,...

Rappelons ainsi que seuls 300 mille offres d'emplois réels -dont un très grand nombre sont des emplois à temps partiels existent en France- alors qu'ils existent 4 à 5 millions de chômeurs[2] si l'on comptabilise ceux qui cherchent un CDD, ceux qui sont en formation, ceux qui ont travaillé quelques heures durant le mois, ceux qui ont plus de 55 ans ou encore ceux qui habitent les dom-tom qui ne sont comptabilisés dans les chiffres officiels.

Si ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables de leur situation et de celle du marché du travail,

ce ne sont pas les chômeurs qu'il faut « adapter » mais le marché du travail qu'il faut contraindre et la logique capitaliste qu'il faut combattre.

Faisons-nous entendre, faisons cafouiller le spectacle des guignols !

Transformons leur marché aux esclaves en assemblée générale de chômeurs !

Organisons la solidarité et l'auto-défense des chômeurs !

Imposons des mesures guidées non par le profit de quelques-uns mais par la justice et la satisfaction des besoins de tous !

Quelques Revendications :

Au niveau de pôle emploi :

Pour les chômeurs

_ droit à un revenu décent pour tous avec ou sans emploi

_ abrogation des formes déguisées de travail gratuit : EMT, EMTPR, AFPR, etc

_ suppression des mesures directes ou indirectes de radiations

_ suppression de l'obligation au suivi mensuel

_ séparation de l'indemnisation et du conseil dans les pôles emploi.

_ suppression des jobs dating

_ suppression des lampes bleues servant à faire la chasse aux sans-papiers

Pour les agents

_ titularisation des personnels précaires de pôle emploi.

_ abrogation de la prime au mérite

Au niveau des entreprises :

_ réduction drastique du temps de travail, sans diminution de salaires, ni augmentation des cadences

_ augmentation du SMIC horaire

le Mouvement des Chômeurs et Précaires en Lutte de Rennes (MCPL) et le Collectif brestois en marche contre l’injustice sociale

Le 29/09/2011, à St-Malo



[1]Le Télégramme, 24 septembre 2011.

[2]Taper « vrais chiffres du chômage » depuis votre moteur de recherche sur internet

mercredi 1 juin 2011

Communiqué de presse du 1er juin 1011

Aujourd'hui, mercredi 1 juin, une quinzaine de membres du collectif en marche contre l'injustice sociale s'est rendue au Pôle Emploi Kergaradec pour dénoncer les abus par les employeurs, en pleine période saisonnière, des mesures proposées par le service public de l'emploi (EMT, Évaluation en Milieu de Travail, EMTPR : Évaluation en Milieu de Travail Préalable à un Recrutement, AFPR : Allocation de Formation Préalable à un Recrutement).

Le but de notre action était d'informer les demandeurs d'emploi et de faire remonter à la direction notre refus du travail gratuit. Devant le malaise évident provoqué par l'impossibilité de nous contredire, le site a été fermé et la police a été appelée, sur la décision du directeur territorial, au dire du directeur adjoint. A 11 heures 30, des gendarmes se sont présentés. Pôle Emploi s'est ainsi senti obligé de ré-ouvrir le site au public.

Nous avons quitté les lieux à 12 heures.

Nous avons l'intention de poursuivre les actions contre ces dispositifs qui forcent les chômeurs et précaires à travailler gratuitement.

Le collectif brestois en marche contre l'injustice sociale


jeudi 10 mars 2011

Négociations de la nouvelle convention UNEDIC : une mascarade !


Jusqu’au 31 mars les partenaires sociaux négocient la nouvelle convention UNEDIC, mais presque personne n’en parle… Pourtant, elle va déterminer les conditions de vie des chômeurs et précaires…

Le collectif brestois en marche contre l’injustice sociale s’est mobilisé le jeudi 3 mars dernier à l’occasion des 2 petites heures de réunion entre les partenaires sociaux pour négocier la nouvelle convention UNEDIC (négociations qui prendront fin le 31 mars prochain). Par un affichage massif devant les pôles emploi de Brest, les membres du collectif entendaient dénoncer le silence radio autour de cette convention.
Alors que la caisse d’assurance chômage est dans le rouge (plus de 8 milliards d’euros de déficit en 2010 et 11,3 milliards prévus en 2012) et que le nombre de chômeurs ne cesse d’augmenter (8,3 % de chômage dans le Finistère au mois de janvier), les partenaires sociaux s’apprêtent à signer une convention sans rechercher de nouvelles sources de financement. Ils se contenteront de reprendre à l’identique la dernière convention avec en prime, la suppression de l’AFF (Allocation de Fin de Formation) et de l’AER (Allocation Equivalent Retraite), et aucune amélioration de l’indemnisation chômage.
Ils laisseront ainsi la situation s’aggraver pour nous annoncer dans deux ans (échéance pour une nouvelle convention) que la situation financière de l’UNEDIC les oblige à réduire encore les droits des chômeurs et précaires.
Pourtant quand il s’agit de sauver les banques, on trouve rapidement de l’argent dans les caisses publiques…
La prochaine et dernière réunion de « négociation » aura lieu le jeudi 10 mars, le Collectif brestois en marche contre l’injustice sociale appelle les chômeurs et précaires à se faire entendre et dire aux partenaires sociaux qu’on ne se laissera pas faire.

Fichés
Fauchés
Fachés
Ça va chier !

Grève des chômeurs !

Mais l’UNEDIC c’est quoi au juste ???
L’Unedic est une association chargée de la gestion de l'Assurance chômage et plus précisément de la gestion financière du système.
Elle a (normalement) pour but d’assurer un revenu aux salariés privés d’emploi.

D’où vient le pognon ?
Des cotisations prélevées sur les salaires du secteur privé : cotisations patronales et salariales (qui apparaissent sur les fiches de paie).

C’est quoi une convention UNEDIC ?
C’est un accord qui détermine (entre autres) les critères d’attribution et de distribution des indemnités pour l’ensemble des salariés.

Qui négocie ?
Les organisations « représentatives » d'employeurs et de salariés c'est-à-dire organisations patronales et les syndicats de salariés (MEDEF, UPA, CGPME, CGT, CGC, FO, CFDT, CFTC).
Pour que cet accord soit validé, il suffit qu’il soit signé par au moins UNE organisation patronale et UNE confédération syndicale !

… Et on en prend pour 2 ou 3 ans !

Et que fait le gouvernement ?
Une fois que les partenaires sociaux ont signé l’accord et en l’absence d’opposition d’au moins 3 des organisations syndicales, il est en principe agréé par le gouvernement, sans passer par les députés… les doigts dans le nez !

Et nous, qu’avons-nous à dire là-dedans ?
RIEN !

Chômage et Assurance chômage : quelques chiffres…

4 646 200 chômeurs officiels (inscrits à Pôle Emploi) *

1 989 300 chômeurs officiels indemnisés par le régime d’assurance chômage (UNEDIC) *

255 600 offres d’emploi à Pôle Emploi ! (cherchez l’erreur…) *
dont 113 800 emplois occasionnels (de un à 6 mois) *
39 000 emplois temporaires (moins d’un mois donc, n’ouvrant pas de droit aux allocations chômage !) *

6 250 000 salariés touchent moins de 750 euros par mois !
(le seuil de pauvreté étant de 949 euros par mois …)

7 800 000 personnes sous le seuil de pauvreté !
8 500 000 000 € de déficit dans la caisse UNEDIC en 2010
11 300 000 000 € de déficit dans la caisse UNEDIC prévu en 2013

Que comptent faire les gestionnaires de la caisse d’assurance chômage?
RIEN !

* fin décembre 2010, données DARES (Direction de l'Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques)

samedi 5 mars 2011

Communiqué de soutien à J.-C. Bouthemy

Le 23 février 2011, Jean-Claude Bouthemy, chômeur, passait devant le tribunal correctionnel de Rennes pour avoir taggé sur une agence ANPE : « Alinéa 5 : un EMPLOI pour CHACUN ». Verdict : il devra donner 1200 euros à l'institution qui n'a pas hésité a porter plainte contre lui, Pôle Emploi.
Par ce geste, il a cherché à dénoncer, comme nous le faisons depuis des mois, la machine Pôle Emploi qui broie les chômeur-euse-s, à coup de pressions, de radiations, de flicages, et va jusqu'à traîner en justice quelqu'un qui n'a fait que les rappeler à leur devoir.
Le collectif brestois en marche contre l'injustice sociale apporte son soutien à Jean-Claude Bouthemy en assurant que la grève des chômeurs est loin d'être terminée.

Plus d'informations sur son site :
http://jcbouthemy.blogspot.com/

collectif brestois en marche contre l'injustice sociale
Brest, le jeudi 3 mars 2011

dimanche 19 décembre 2010

Les précaires s'invitent au Forum départemental de l'insertion

Jeudi 16 décembre le collectif brestois en marche contre l'injustice sociale s'est invité au Forum de l'insertion au Quartz de Brest.

Il nous paraissait évident qu'un tel forum, sur le thème "18 mois de RSA, période d'essai...", en présence de "hautes personnalités" telles que Pierre Maille, président et Richard Ferrand, vice -président délégué à l'insertion, du conseil général, Nathalie Hanet, qui travaille à la direction générale de Paule Emploi, de la directrice de la CNAF... et de tous les acteurs de l'insertion du département, ne pouvait avoir lieu sans la présence et la participation de personnes concernées : les PRECAIRES !

Nous avons donc décidé de bousculer leur petit rond rond habituel et de perturber la grande messe :


Intervention au 5ème Forum de l'insertion au Quartz de Brest
Jeudi 16 décembre 2010

Chômeurs, étudiants, salariés précaires, allocataires du RSA, nous sommes venus sans cartons d'invitation au Forum de l'insertion. Nous sommes venus vous renforcer. Renforcer votre crédibilité, car comprenez bien qu'un forum organisé sur le RSA sans allocataires du RSA, ça nous pose question. Nous souhaitons intervenir et participer à ce forum de l'insertion pour éviter que ne triomphe la langue de bois.
Paroles de précaires contre paroles d'experts.
Laissez-nous vous raconter. Tourner en rond, de rendez-vous en rendez-vous, de standards en standards, de formations en formations. Laissez-nous vous raconter. Allers-retours, de la Fac à l'intérim, de l'intérim au chômage, du temps partiel au RSA. Tout ça pour mimer la bonne volonté, la bonne foi, la vraie motivation. Tout ça pour mériter les miettes que vous voulez bien nous laisser.
Parce que si nous avions le choix, ensemble, nous ferions tout autre chose que de courber l'échine à ramasser des échalotes, ou nettoyer des bureaux de cadres dynamiques. Nous ferions tout autre chose que de harceler les gens avec des histoires de promotion et de services après-vente. Nous ferions tout autre chose que de construire des logements que nous ne pourrons jamais acheter. Parce qu'à force de réduire le travail à des tâches d'exécution, celui-ci est souvent devenu plus absurde que jamais.
Parce que si nous avions le choix, ensemble, nous ferions tout autre chose que de gaspiller des journées entières à chercher des boulots précaires et aliénants au possible. Nous refusons le racket : soit tu n'es pas un parasite, tu acceptes n'importe quel emploi et tu reçois tes indemnités ; soit tu es un mauvais pauvre, tu veux choisir ta vie et tu vas devoir batailler pour les garder. Nous voulons avoir prise sur nos choix de travail. Et, on voit que votre contrôle et vos radiations, c'est pour nous faire accepter n'importe quoi.
Paroles d'experts contre paroles de précaires.
Vous allez encore nous répondre que vous n'êtes pas responsables, qu'on ne vient pas frapper à la bonne porte, que c'est la faute du gouvernement, des députés, ou d'on ne sait qui. C'est ce qu'on nous répond, toujours, lorsqu'on vient frapper à la porte de la mairie, de la CAF, de l'Hôtel des impôts. En fait, votre degré de responsabilité, on s'en fout. Ce n'est pas notre problème. Vous n'êtes peut-être pas l'unique responsable de notre précarité, mais vous êtes dans tous les cas, un maillon de la chaîne. Un maillon de cette chaîne qui nous exploite, nous précarise, et nous pompe notre fric de part et d'autre.
Nous avons déposé une liste de revendications à la CAF, interpellé la direction régionale du Pôle Emploi, occupé la mairie de Brest pour exprimer un ras-le-bol. Pas une seule réponse. Nous n'avons eu que du mépris. Nous avons rencontré des conseillers du Pôle Emploi, qui aujourd'hui sont en lutte contre les directives du Pôle Emploi. Nous avons soutenu Martine Mégret dans sa lutte pour son CDI. Là non plus, pas une seule réponse.
Vous, experts de la précarité, vous allez faire des tables rondes entre experts, mettre en place des forums et autres mises en scène sur un sujet, le RSA, dont vous savez pertinemment que c'est une fumisterie, un fiasco pour tous, d'un coté du guichet comme de l'autre. Et après ça vous allez nous faire croire, vous, experts dans la gestion de la précarité, que vous faites ce qui est en votre pouvoir pour répondre aux besoins des chômeurs, des précaires ? Vous voulez nous faire croire que vous nous aidez en nous orientant vers des boites de coaching, simples entreprises de sous-traitance des chômeurs ? Combien de contrats précaires à Pôle Emploi, à la CAF, et dans tous les organismes d'insertion ? Combien d'emplois aidés à la municipalité brestoise ou au CG 29 ?
Écoutez-nous, arrêtez de nous prendre pour des buses, de nous faire croire que nos revendications sont puériles et utopiques !


Le collectif « en marche contre l'injustice sociale »

dimanche 12 décembre 2010

Occupation, blocage et chahut de cadres de Police emploi - Rennes, 7 décembre

Ce mardi 7 décembre, une douzaine de chômeurs et précaires membres des collectifs de Brest et Rennes, une quarantaine de conseillers à l'emploi de la CGT et quelques membres de la LDH ont occupé la direction régionale de Pôle Emploi, et ont bloqué l'accès à un certain nombre de bureaux... puis ont chahuté quelques cadres de Pôle Emploi alors qu'ils étaient en réunion au Triangle.

RDV le 14 décembre à la Maison de l'emploi de Loudéac à partir de 10 heures !

Lire le communiqué commun écrit pour l'occasion

Voici le tract distribué aux agents de PE et à la direction :

Les salariés de Pôle emploi sont des précaires comme les autres

Martine Mégret est salariée de la Maison de l'emploi dans la ville de Loudéac (22). Avant d'entrer dans le service public de l'emploi, elle a travaillé dans «l'agro», dans les Côtes d'Armor, secteur réputé pour ses conditions de travail pénibles voire insupportables. On imagine qu'elle s'est dit pouvoir trouver dans ce nouvel emploi, à l'ANPE, un lieu stable jusqu'à la retraite. Le nom de «service public» faisant écho à la possibilité d'offrir une entraide à quiconque et non pas à celle de fliquer des employés comme des usagers ou de rechercher la productivité à n'importe quel prix.

Malheureusement pour elles et pour tant d'autres, cette image s'est quelque peu abîmée avec le temps. En lieu et place du poste stable attendu, elle a multiplié les contrats à durée déterminée depuis 7 ans ! En lieu et place d'un poste où l'on fait bénéficier à tous des solidarités de la collectivité et spécialement de ceux qui se trouvent en avoir le plus besoin, elle a vu ANPE et ASSEDIC devenir de plus en plus des outils de flicage pour forcer chacun à accepter de se vendre sur le marché du travail dans n'importe quelles conditions, non sans user d'un odieux chantage aux allocations et devenir de moins en moins un outil de conseil aux chômeurs et précaires.

À la fin, après que la direction de Pôle emploi ait menacé de ne même plus renouveler son CDD comme 1799 autres conseillers, on lui indique avec insistance qu'un petit «boulot alimentaire» dans l'agro-alimentaire ne serait pas si mal et «qu'il va bien falloir penser à une reconversion»… À 57 ans, il ne lui reste que quelques années pour éviter les mirifiques 735 euros du minimum vieillesse. À part les boulots dont personne ne veut à raison, il lui sera quasi impossible de trouver un travail régulier, qui ne soit pas payé au lance-pierre et compléter ainsi ces annuités de cotisations.

Nous ne savons pas comment Martine Mégret se rapporte à l'institution Pôle Emploi, à ses multiples injonctions à gérer le «stock» de chômeurs de la manière la plus rentable, productive et profitable.

Ce que nous constatons pour autant : c'est que le discours de Pôle emploi et du gouvernement L'Oréal présentant les employés de pôle emploi comme des travailleurs modèles, hyper-productif à quoi ils opposent des chômeurs rétifs et suspects par définition ne tient pas. Le cas de Martine illustre une nouvelle fois cette porosité de conditions entre précaires et conseillers à l'emploi que la direction de Pôle emploi s'est employée à dénier. C'est que Pôle emploi est géré comme n'importe quelle entreprise : sous-traitance, pression à la productivité (pour faire disparaître les chômeurs des chiffres), etc.

C'est pourquoi il nous semble politiquement essentiel d'affirmer que les conseillers à l'emploi sont des précaires comme les autres et que Police emploi est une entreprise comme les autres.

Ce que nous savons aussi c'est qu'il est essentiel pour les conseillers à l'emploi en résistance comme pour les collectifs de chômeurs et précaires de construire des solidarités fortes et qu'il faut les rendre visible partout où cela est possible, sans quoi nous nous acheminerons inexorablement vers une dégradation des conditions de vie au travail analogues à celles des anciens services publics du type France Télécom…

Qu'on cesse de fliquer et de culpabiliser ceux qui touchent quelques allocations de misère. Qu'on les laisse vivre. Qu'on s'occupe plutôt de ceux qui s'engraissent de profits sur la précarité et l'exploitation des uns et des autres.

Que le service public de l'emploi soit disposé à véritablement soutenir sans infantilisation ceux qui en font la demande.

Mieux vaut pour la Direction de Police emploi ne pas œuvrer trop rapidement à un rapprochement entre chômeurs et conseillers en maintenant sa position déraisonnable vis-à-vis de Martine ou en mettant ses menaces de sanction et de plainte à exécution contre les conseillers qui ont légitimement retenu le directeur territorial de Pôle emploi pour lui faire entendre raison. Les chômeurs et précaires ne manqueraient pas de se solidariser. Allons Nadine, réfléchis-bien !

Un CDI pour Martine immédiatement !
Nous nous lèverons à 4h30 s'il le faut pour soutenir Martine et on sera nombreux !
Nadine Crinière, même pas peur !
Abrogation de l'Offre Raisonnable d'Emploi (ORE) !
Abrogation du Suivi Mensuel Obligatoire !
Un revenu sans condition pour tous au moins égal au SMIC !
Grève des chômeurs !

Le 7 décembre 2010,
Collectif en marche contre l'injustice sociale de Brest, Mouvement des chômeurs et précaires en lutte de Rennes


Plus d'informations sur le Jura Libertaire et le site de la CGT Pôle Emploi Bretagne